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20
avril 2006
L'Iran pragmatique ou fanatique ?
Mais, pour analyser convenablement
cette déclaration, encore faut-il la placer dans son contexte politique et non
plus seulement technologique. Une fois de plus, après son discours provocateur
aux Nations unies et ses imprécations antisémites et négationnistes, comme après
son voyage officiel en Syrie, Ahmadinejad choisit la
provocation délibérée, comme si tout son effort consistait à empêcher tous ceux
qui ne voudraient pas suivre les Etats-Unis sur la voie des sanctions, à abandonner
leurs efforts devant une telle mauvaise volonté de Téhéran.
L'explication de cette paradoxale
gesticulation est simple et univoque : le président iranien et ceux qui
l'agitent dans la coulisse, veulent la guerre, ou au moins l'affrontement avec
les Etats-Unis et Israël. La poursuite des attentats du Djihad islamique
palestinien sur le territoire de l'Etat hébreu s'inscrit dans la même logique
puisque tout le monde sait que ce mouvement scissionniste du Hamas n'est plus
aujourd'hui que le faux nez des services secrets iraniens, et en particulier de
cette brigade de Jérusalem, Brigade al-Quds, dont Ahmadinejad a été le chef direct dans les années 90. Exactement
comme l'invasion de l'Iran par Saddam Hussein en 1980 avait enfin permis à la mollahcratie la plus intransigeante de supprimer toutes les
libertés publiques rémanentes que la révolution islamique avait dû instaurer à son
corps défendant, de même aujourd'hui le bras de fer avec la communauté internationale
a essentiellement pour motivation de stopper net le cours d'une évolution démocratique
qui à terme, sonne le glas du régime islamique proprement dit.
Cette évolution pacifique serait
d'autant plus menaçante pour un Ahmadinejad et ses
bandes de sous-prolétaires en uniforme, qu'il apparaît maintenant clairement
que celles-ci seraient par ailleurs compatibles avec le maintien d'une certaine
influence théocratique comme on en voit à présent se dessiner le contour dans
l'Irak chiite que les Américains ont fini par construire. C'est ici que le
facteur irakien intervient massivement dans l'évolution de la crise : tous ceux
qui, en Iran, tels Rafsandjani et de plus en plus clairement l'entourage du
guide Khamenei lui-même, veulent préserver les très grandes avancées de la
communauté chiite en Irak, ne peuvent que s'opposer à la voie de la
confrontation nucléaire avec les Etats-Unis.
En décidant l'ouverture de négociations
officielles avec Washington, dont la conduite est confiée à l'ancien ministre Ali
Laridjani depuis mars dernier, le guide a infligé un
désaveu cinglant à Ahmadinejad. Inversement donc, les
partisans de la ligne dure à Téhéran souhaiteraient, eux, s'entendre avec les djihadistes sunnites d'Irak, et plus généralement al-Qaida pour que les deux communautés irakiennes
retournent enfin leurs armes contre les Américains, ce dont la majorité des
chiites d'Irak ne veut pas entendre. Mais la faction terroriste du régime
iranien a fait encore un peu mieux : elle a pris contact avec toute cette
opposition militaire pakistanaise qui supporte de moins en moins bien la férule
proaméricaine du président Musharraf et le
rapprochement forcé avec l'Inde.
Le premier résultat de cette
association, ce sont les deux attentats sanglants qui ont frappé Delhi et Bénarès,
l'un après le vote antiiranien de l'Inde à l'ONU,
l'autre pendant la visite de George Bush. Aujourd'hui, la révélation par Téhéran
de sa possession d'un réacteur P 2 pointe tout simplement le projecteur sur
l'ancien chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qadir
Khan qui manifestement le leur a fourni, en même temps qu'il en vendait un
autre, aujourd'hui interrompu, à la Libye de Kadhafi. Ne faisons donc pas de
conclusions hâtives : Ahmadinejad et ses amis
ensanglantés, mouillent aujourd'hui leurs alliés pakistanais parce que leurs
tentatives de réconciliation avec al-Qaida se
heurtent pour l'instant à la fermeté antichiite des
sponsors saoudiens du djihad en Irak ; mais, pire encore, les barbouzes
islamistes iraniens ont également contre eux la fraction de leurs propres
services secrets, liés au courant pragmatique de Téhéran, lesquels jettent à présent
de l'huile sur le feu sur les rapports entre chiites et sunnites en Irak comme
au Pakistan. Ne croyons donc pas trop fort au bluff des pasdarans les plus arriérés,
la bête est blessée et c'est pourquoi elle rugit si fort.
Mais, pour analyser convenablement
cette déclaration, encore faut-il la placer dans son contexte politique et non
plus seulement technologique. Une fois de plus, après son discours provocateur
aux Nations unies et ses imprécations antisémites et négationnistes, comme après
son voyage officiel en Syrie, Ahmadinejad choisit la
provocation délibérée, comme si tout son effort consistait à empêcher tous ceux
qui ne voudraient pas suivre les Etats-Unis sur la voie des sanctions, à abandonner
leurs efforts devant une telle mauvaise volonté de Téhéran.
L'explication de cette paradoxale
gesticulation est simple et univoque : le président iranien et ceux qui
l'agitent dans la coulisse, veulent la guerre, ou au moins l'affrontement avec
les Etats-Unis et Israël. La poursuite des attentats du Djihad islamique
palestinien sur le territoire de l'Etat hébreu s'inscrit dans la même logique
puisque tout le monde sait que ce mouvement scissionniste du Hamas n'est plus
aujourd'hui que le faux nez des services secrets iraniens, et en particulier de
cette brigade de Jérusalem, Brigade al-Quds, dont Ahmadinejad a été le chef direct dans les années 90. Exactement
comme l'invasion de l'Iran par Saddam Hussein en 1980 avait enfin permis à la mollahcratie la plus intransigeante de supprimer toutes les
libertés publiques rémanentes que la révolution islamique avait dû instaurer à son
corps défendant, de même aujourd'hui le bras de fer avec la communauté internationale
a essentiellement pour motivation de stopper net le cours d'une évolution démocratique
qui à terme, sonne le glas du régime islamique proprement dit.
Cette évolution pacifique serait
d'autant plus menaçante pour un Ahmadinejad et ses
bandes de sous-prolétaires en uniforme, qu'il apparaît maintenant clairement
que celles-ci seraient par ailleurs compatibles avec le maintien d'une certaine
influence théocratique comme on en voit à présent se dessiner le contour dans
l'Irak chiite que les Américains ont fini par construire. C'est ici que le
facteur irakien intervient massivement dans l'évolution de la crise : tous ceux
qui, en Iran, tels Rafsandjani et de plus en plus clairement l'entourage du
guide Khamenei lui-même, veulent préserver les très grandes avancées de la
communauté chiite en Irak, ne peuvent que s'opposer à la voie de la
confrontation nucléaire avec les Etats-Unis.
En décidant l'ouverture de négociations
officielles avec Washington, dont la conduite est confiée à l'ancien ministre
Ali Laridjani depuis mars dernier, le guide a infligé
un désaveu cinglant à Ahmadinejad. Inversement donc,
les partisans de la ligne dure à Téhéran souhaiteraient, eux, s'entendre avec
les djihadistes sunnites d'Irak, et plus généralement
al-Qaida pour que les deux communautés irakiennes
retournent enfin leurs armes contre les Américains, ce dont la majorité des
chiites d'Irak ne veut pas entendre. Mais la faction terroriste du régime
iranien a fait encore un peu mieux : elle a pris contact avec toute cette
opposition militaire pakistanaise qui supporte de moins en moins bien la férule
proaméricaine du président Musharraf et le
rapprochement forcé avec l'Inde.
Le premier résultat de cette
association, ce sont les deux attentats sanglants qui ont frappé Delhi et Bénarès,
l'un après le vote antiiranien de l'Inde à l'ONU,
l'autre pendant la visite de George Bush. Aujourd'hui, la révélation par Téhéran
de sa possession d'un réacteur P 2 pointe tout simplement le projecteur sur
l'ancien chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qadir
Khan qui manifestement le leur a fourni, en même temps qu'il en vendait un
autre, aujourd'hui interrompu, à la Libye de Kadhafi. Ne faisons donc pas de
conclusions hâtives : Ahmadinejad et ses amis
ensanglantés, mouillent aujourd'hui leurs alliés pakistanais parce que leurs
tentatives de réconciliation avec al-Qaida se
heurtent pour l'instant à la fermeté antichiite des
sponsors saoudiens du djihad en Irak ; mais, pire encore, les barbouzes
islamistes iraniens ont également contre eux la fraction de leurs propres
services secrets, liés au courant pragmatique de Téhéran, lesquels jettent à présent
de l'huile sur le feu sur les rapports entre chiites et sunnites en Irak comme
au Pakistan. Ne croyons donc pas trop fort au bluff des pasdarans les plus arriérés,
la bête est blessée et c'est pourquoi elle rugit si fort.
Mais, pour analyser convenablement
cette déclaration, encore faut-il la placer dans son contexte politique et non
plus seulement technologique. Une fois de plus, après son discours provocateur
aux Nations unies et ses imprécations antisémites et négationnistes, comme après
son voyage officiel en Syrie, Ahmadinejad choisit la
provocation délibérée, comme si tout son effort consistait à empêcher tous ceux
qui ne voudraient pas suivre les Etats-Unis sur la voie des sanctions, à abandonner
leurs efforts devant une telle mauvaise volonté de Téhéran.
L'explication de cette paradoxale
gesticulation est simple et univoque : le président iranien et ceux qui
l'agitent dans la coulisse, veulent la guerre, ou au moins l'affrontement avec
les Etats-Unis et Israël. La poursuite des attentats du Djihad islamique
palestinien sur le territoire de l'Etat hébreu s'inscrit dans la même logique
puisque tout le monde sait que ce mouvement scissionniste du Hamas n'est plus
aujourd'hui que le faux nez des services secrets iraniens, et en particulier de
cette brigade de Jérusalem, Brigade al-Quds, dont Ahmadinejad a été le chef direct dans les années 90. Exactement
comme l'invasion de l'Iran par Saddam Hussein en 1980 avait enfin permis à la mollahcratie la plus intransigeante de supprimer toutes les
libertés publiques rémanentes que la révolution islamique avait dû instaurer à son
corps défendant, de même aujourd'hui le bras de fer avec la communauté internationale
a essentiellement pour motivation de stopper net le cours d'une évolution démocratique
qui à terme, sonne le glas du régime islamique proprement dit.
Cette évolution pacifique serait
d'autant plus menaçante pour un Ahmadinejad et ses
bandes de sous-prolétaires en uniforme, qu'il apparaît maintenant clairement
que celles-ci seraient par ailleurs compatibles avec le maintien d'une certaine
influence théocratique comme on en voit à présent se dessiner le contour dans
l'Irak chiite que les Américains ont fini par construire. C'est ici que le
facteur irakien intervient massivement dans l'évolution de la crise : tous ceux
qui, en Iran, tels Rafsandjani et de plus en plus clairement l'entourage du
guide Khamenei lui-même, veulent préserver les très grandes avancées de la
communauté chiite en Irak, ne peuvent que s'opposer à la voie de la
confrontation nucléaire avec les Etats-Unis.
En décidant l'ouverture de négociations
officielles avec Washington, dont la conduite est confiée à l'ancien ministre
Ali Laridjani depuis mars dernier, le guide a infligé
un désaveu cinglant à Ahmadinejad. Inversement donc,
les partisans de la ligne dure à Téhéran souhaiteraient, eux, s'entendre avec
les djihadistes sunnites d'Irak, et plus généralement
al-Qaida pour que les deux communautés irakiennes
retournent enfin leurs armes contre les Américains, ce dont la majorité des
chiites d'Irak ne veut pas entendre. Mais la faction terroriste du régime
iranien a fait encore un peu mieux : elle a pris contact avec toute cette
opposition militaire pakistanaise qui supporte de moins en moins bien la férule
proaméricaine du président Musharraf et le
rapprochement forcé avec l'Inde.
Le premier résultat de cette
association, ce sont les deux attentats sanglants qui ont frappé Delhi et Bénarès,
l'un après le vote antiiranien de l'Inde à l'ONU,
l'autre pendant la visite de George Bush. Aujourd'hui, la révélation par Téhéran
de sa possession d'un réacteur P 2 pointe tout simplement le projecteur sur
l'ancien chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qadir
Khan qui manifestement le leur a fourni, en même temps qu'il en vendait un
autre, aujourd'hui interrompu, à la Libye de Kadhafi. Ne faisons donc pas de
conclusions hâtives : Ahmadinejad et ses amis
ensanglantés, mouillent aujourd'hui leurs alliés pakistanais parce que leurs
tentatives de réconciliation avec al-Qaida se
heurtent pour l'instant à la fermeté antichiite des
sponsors saoudiens du djihad en Irak ; mais, pire encore, les barbouzes
islamistes iraniens ont également contre eux la fraction de leurs propres
services secrets, liés au courant pragmatique de Téhéran, lesquels jettent à présent
de l'huile sur le feu sur les rapports entre chiites et sunnites en Irak comme
au Pakistan. Ne croyons donc pas trop fort au bluff des pasdarans les plus arriérés,
la bête est blessée et c'est pourquoi elle rugit si fort.
Mais, pour analyser convenablement
cette déclaration, encore faut-il la placer dans son contexte politique et non
plus seulement technologique. Une fois de plus, après son discours provocateur
aux Nations unies et ses imprécations antisémites et négationnistes, comme après
son voyage officiel en Syrie, Ahmadinejad choisit la
provocation délibérée, comme si tout son effort consistait à empêcher tous ceux
qui ne voudraient pas suivre les Etats-Unis sur la voie des sanctions, à abandonner
leurs efforts devant une telle mauvaise volonté de Téhéran.
L'explication de cette paradoxale
gesticulation est simple et univoque : le président iranien et ceux qui
l'agitent dans la coulisse, veulent la guerre, ou au moins l'affrontement avec
les Etats-Unis et Israël. La poursuite des attentats du Djihad islamique
palestinien sur le territoire de l'Etat hébreu s'inscrit dans la même logique
puisque tout le monde sait que ce mouvement scissionniste du Hamas n'est plus
aujourd'hui que le faux nez des services secrets iraniens, et en particulier de
cette brigade de Jérusalem, Brigade al-Quds, dont Ahmadinejad a été le chef direct dans les années 90. Exactement
comme l'invasion de l'Iran par Saddam Hussein en 1980 avait enfin permis à la mollahcratie la plus intransigeante de supprimer toutes les
libertés publiques rémanentes que la révolution islamique avait dû instaurer à son
corps défendant, de même aujourd'hui le bras de fer avec la communauté internationale
a essentiellement pour motivation de stopper net le cours d'une évolution démocratique
qui à terme, sonne le glas du régime islamique proprement dit.
Cette évolution pacifique serait
d'autant plus menaçante pour un Ahmadinejad et ses
bandes de sous-prolétaires en uniforme, qu'il apparaît maintenant clairement
que celles-ci seraient par ailleurs compatibles avec le maintien d'une certaine
influence théocratique comme on en voit à présent se dessiner le contour dans
l'Irak chiite que les Américains ont fini par construire. C'est ici que le
facteur irakien intervient massivement dans l'évolution de la crise : tous ceux
qui, en Iran, tels Rafsandjani et de plus en plus clairement l'entourage du
guide Khamenei lui-même, veulent préserver les très grandes avancées de la
communauté chiite en Irak, ne peuvent que s'opposer à la voie de la
confrontation nucléaire avec les Etats-Unis.
En décidant l'ouverture de négociations
officielles avec Washington, dont la conduite est confiée à l'ancien ministre
Ali Laridjani depuis mars dernier, le guide a infligé
un désaveu cinglant à Ahmadinejad. Inversement donc,
les partisans de la ligne dure à Téhéran souhaiteraient, eux, s'entendre avec
les djihadistes sunnites d'Irak, et plus généralement
al-Qaida pour que les deux communautés irakiennes
retournent enfin leurs armes contre les Américains, ce dont la majorité des
chiites d'Irak ne veut pas entendre. Mais la faction terroriste du régime
iranien a fait encore un peu mieux : elle a pris contact avec toute cette
opposition militaire pakistanaise qui supporte de moins en moins bien la férule
proaméricaine du président Musharraf et le
rapprochement forcé avec l'Inde.
Le premier résultat de cette
association, ce sont les deux attentats sanglants qui ont frappé Delhi et Bénarès,
l'un après le vote antiiranien de l'Inde à l'ONU, l'autre
pendant la visite de George Bush. Aujourd'hui, la révélation par Téhéran de sa
possession d'un réacteur P 2 pointe tout simplement le projecteur sur l'ancien
chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qadir
Khan qui manifestement le leur a fourni, en même temps qu'il en vendait un
autre, aujourd'hui interrompu, à la Libye de Kadhafi. Ne faisons donc pas de
conclusions hâtives : Ahmadinejad et ses amis
ensanglantés, mouillent aujourd'hui leurs alliés pakistanais parce que leurs
tentatives de réconciliation avec al-Qaida se
heurtent pour l'instant à la fermeté antichiite des
sponsors saoudiens du djihad en Irak ; mais, pire encore, les barbouzes
islamistes iraniens ont également contre eux la fraction de leurs propres
services secrets, liés au courant pragmatique de Téhéran, lesquels jettent à présent
de l'huile sur le feu sur les rapports entre chiites et sunnites en Irak comme
au Pakistan. Ne croyons donc pas trop fort au bluff des pasdarans les plus arriérés,
la bête est blessée et c'est pourquoi elle rugit si fort.
Page 1:3Mais, pour analyser
convenablement cette déclaration, encore faut-il la placer dans son contexte
politique et non plus seulement technologique. Une fois de plus, après son
discours provocateur aux Nations unies et ses imprécations antisémites et négationnistes,
comme après son voyage officiel en Syrie, Ahmadinejad
choisit la provocation délibérée, comme si tout son effort consistait à empêcher
tous ceux qui ne voudraient pas suivre les Etats-Unis sur la voie des
sanctions, à abandonner leurs efforts devant une telle mauvaise volonté de Téhéran.
L'explication de cette paradoxale
gesticulation est simple et univoque : le président iranien et ceux qui
l'agitent dans la coulisse, veulent la guerre, ou au moins l'affrontement avec
les Etats-Unis et Israël. La poursuite des attentats du Djihad islamique
palestinien sur le territoire de l'Etat hébreu s'inscrit dans la même logique
puisque tout le monde sait que ce mouvement scissionniste du Hamas n'est plus
aujourd'hui que le faux nez des services secrets iraniens, et en particulier de
cette brigade de Jérusalem, Brigade al-Quds, dont Ahmadinejad a été le chef direct dans les années 90. Exactement
comme l'invasion de l'Iran par Saddam Hussein en 1980 avait enfin permis à la mollahcratie la plus intransigeante de supprimer toutes les
libertés publiques rémanentes que la révolution islamique avait dû instaurer à son
corps défendant, de même aujourd'hui le bras de fer avec la communauté internationale
a essentiellement pour motivation de stopper net le cours d'une évolution démocratique
qui à terme, sonne le glas du régime islamique proprement dit.
Cette évolution pacifique serait
d'autant plus menaçante pour un Ahmadinejad et ses
bandes de sous-prolétaires en uniforme, qu'il apparaît maintenant clairement
que celles-ci seraient par ailleurs compatibles avec le maintien d'une certaine
influence théocratique comme on en voit à présent se dessiner le contour dans
l'Irak chiite que les Américains ont fini par construire. C'est ici que le
facteur irakien intervient massivement dans l'évolution de la crise : tous ceux
qui, en Iran, tels Rafsandjani et de plus en plus clairement l'entourage du
guide Khamenei lui-même, veulent préserver les très grandes avancées de la
communauté chiite en Irak, ne peuvent que s'opposer à la voie de la
confrontation nucléaire avec les Etats-Unis.
En décidant l'ouverture de négociations
officielles avec Washington, dont la conduite est confiée à l'ancien ministre
Ali Laridjani depuis mars dernier, le guide a infligé
un désaveu cinglant à Ahmadinejad. Inversement donc,
les partisans de la ligne dure à Téhéran souhaiteraient, eux, s'entendre avec
les djihadistes sunnites d'Irak, et plus généralement
al-Qaida pour que les deux communautés irakiennes
retournent enfin leurs armes contre les Américains, ce dont la majorité des
chiites d'Irak ne veut pas entendre. Mais la faction terroriste du régime
iranien a fait encore un peu mieux : elle a pris contact avec toute cette
opposition militaire pakistanaise qui supporte de moins en moins bien la férule
proaméricaine du président Musharraf et le
rapprochement forcé avec l'Inde.
Le premier résultat de cette association, ce sont les deux attentats sanglants qui ont frappé Delhi et Bénarès, l'un après le vote antiiranien de l'Inde à l'ONU, l'autre pendant la visite de George Bush. Aujourd'hui, la révélation par Téhéran de sa possession d'un réacteur P 2 pointe tout simplement le projecteur sur l'ancien chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qadir Khan qui manifestement le leur a fourni, en même temps qu'il en vendait un autre, aujourd'hui interrompu, à la Libye de Kadhafi. Ne faisons donc pas de conclusions hâtives : Ahmadinejad et ses amis ensanglantés, mouillent aujourd'hui leurs alliés pakistanais parce que leurs tentatives de réconciliation avec al-Qaida se heurtent pour l'instant à la fermeté antichiite des sponsors saoudiens du djihad en Irak ; mais, pire encore, les barbouzes islamistes iraniens ont également contre eux la fraction de leurs propres services secrets, liés au courant pragmatique de Téhéran, lesquels jettent à présent de l'huile sur le feu sur les rapports entre chiites et sunnites en Irak comme au Pakistan. Ne croyons donc pas trop fort au bluff des pasdarans les plus arriérés, la bête est blessée et c'est pourquoi elle rugit si fort.
Le Figaro