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8
mai 2007
SYRIE
La répression
s’accentue
contre les défenseurs des droits humains
et militants de la société civile
La situation des droits humains s’est
considérablement détériorée en Syrie depuis un an. Les défenseurs des droits
humains ont vu s’abattre sur eux une forte vague de répression.
C’est dans ce contexte
particulièrement lourd que dix des quelque 300 signataires libanais et syriens
de la « Déclaration Beyrouth-Damas », un
texte appelant à une normalisation des relations entre la Syrie et le Liban,
ont été arrêtés en mai 2006 par les autorités syriennes. Parmi eux, figurent Anouar al Bounni,
avocat, Michel Kilo, écrivain et
journaliste de renom, et Mahmoud Issa,
traducteur. Ils ont rejoint en prison Kamal
al Labwani,
docteur en médecine et prisonnier d’opinion. Tous militent inlassablement en
faveur des droits humains et appellent à des réformes démocratiques en Syrie. Amnesty International considère que ces quatre
hommes sont des prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exprimé,
sans recourir à la violence, leurs idées pacifiques.
Anouar al Bounni a été condamné le 24 avril 2007 à
cinq années d’emprisonnement pour avoir signé ce texte, tandis que Michel Kilo,
Mahmoud Issa et Kamal al Labwani doivent comparaître
prochainement devant leurs juges.
En Syrie, les prisonniers politiques et d’opinion sont toujours jugés lors de procès inéquitables. Les allégations de torture et de mauvais traitements ne font presque jamais l’objet d’une enquête, y compris lorsque les prévenus indiquent que leurs « aveux » ont été arrachés sous la torture. En 2004, notre organisation a recensé au moins 38 méthodes de torture et de mauvais traitements appliqués aux détenus dans les prisons syriennes! Ainsi, Anouar al Bounni a été battu, il a été contraint de ramper devant ses gardiens et ses cheveux ont été tondus. Kamal al Labwani a été placé dans une cellule insalubre, infestée de rats et d’insectes.
Ces arrestations, cette condamnation sont un nouveau coup porté aux droits humains en Syrie et aux défenseurs des droits humains. Accusé par les autorités syriennes, notamment, d’avoir affaibli le sentiment national, Anouar al Bounni déclare : «… ceux qui nuisent au moral de la nation et affaiblissent la nation, voire menacent son existence, sont ceux qui pratiquent la torture dans les prisons et les lieux de détention, qui emprisonnent pour une simple opposition politique et condamnent à mort pour une simple appartenance à une entité politique, et qui interdisent les journaux (…) ».
Amnesty
International :
·
Dénonce la condamnation à cinq
années d’emprisonnement du défenseur des droits humains Anouar
al Bounni prononcée aux termes d’un procès
inéquitable et demande sa libération immédiate et inconditionnelle.
·
Exige également à la libération
immédiate et inconditionnelle de Michel Kilo, Mahmoud Issa et Kamal al Labwani, et demande que toutes les charges pesant contre
eux soient abandonnées.
·
Appelle les autorités syriennes
à cesser d’emprisonner les personnes qui critiquent le régime et prônent le
changement sans recourir à la violence, ni préconiser son usage.
·
Exhorte les autorités syriennes
à respecter leurs engagements internationaux, notamment en matière de droits
humains.