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26
juin 2006
Mobiliser
l’opinion publique contre la violence
Boutros Labaki
Il ne faut jamais
oublier que ce que l’on appelle « terrorisme » est souvent une forme
de réaction d’un groupe faible contre l’oppression d’un groupe plus fort
jouissant le plus souvent du pouvoir étatique. C’est en ce sens que le
terrorisme a été qualifié de « canon du pauvre ». Mais la lutte contre l’oppression ne
justifie en rien une quelconque forme de
violence.
Il ne faut pas non
plus oublier de condamner la violence
exercée par des acteurs étatiques contre des populations civiles. Mais il est
clair qu’il faut, dans la conjoncture actuelle, focaliser l’attention et
mobiliser l’opinion publique contre les violences commises par des acteurs non
étatiques qui sont majoritairement responsables des violences contre les
populations civiles.
Parce qu’ ils ne sont pas soumis au minimum de
contraintes juridiques que pourraient avoir certains acteurs étatiques, les
acteurs non étatiques sont souvent pires que les acteurs étatiques dans les
divers types de violences qu’ils exercent, en particulier à l’encontre des
femmes.
Même si ces
violences sont « justifiées » par le fait que ces acteurs se battent
contre des régimes despotiques et corrompus, il faut s’élever systématiquement
contre tous types de violence débridée exercée contre les populations civiles
en général - et féminines en particulier - par les acteurs non étatiques, car
l’histoire contemporaine récente ne manque pas d’exemples montrant que,
quand ils arrivent au pouvoir, ces
acteurs peuvent avoir des comportements plus répressifs que les régimes
abattus.