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7
Juillet 2006
Le magistrat français au Liban pour suivre l’affaire Samir Kassir
Jean-Louis Bruguière remet à Mirza une
commission rogatoire
Le
juge Jean-Louis Bruguière, saisi de l’enquête française sur l’assassinat du
journaliste Samir Kassir, a fait part hier de « l’engagement
de la France à tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs » de l’attentat.
«
Samir Kassir était un homme immensément respecté au
Liban comme en France. C’est un crime atroce et notre devoir, le devoir de la
justice française, est de tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs et
les complices de cet attentat », a-t-il déclaré à la presse après un entretien
avec le Premier ministre, Fouad Siniora.
Le
magistrat français, qui se trouve au Liban dans le cadre « d’une demande d’entraide
internationale concernant l’affaire de l’assassinat de Samir Kassir », a expliqué que celle-ci fait l’objet d’une enquête
en France, puisqu’il s’agit d’un ressortissant français.
«
La législation française permet aux autorités françaises d’ouvrir les enquêtes
et d’entamer des poursuites à l’égard de tous ceux qui peuvent être considérés
comme coupables d’une action criminelle contre un ressortissant français, même
si cette action a eu lieu en dehors de la France », a-t-il souligné.
Le
juge Bruguière s’est également dit « assuré de la collaboration des autorités
libanaises ».
Il
s’est abstenu de divulguer tout détail sur l’état de l’enquête, soulignant qu’«
il est trop tôt pour en parler. Je crois que ce n’est ni le lieu ni le moment d’apporter
des informations publiques sur nos investigations ».
«
L’important est que nous sommes pleinement engagés » et que Paris et Beyrouth «
travaillent ensemble pour que la vérité éclate », a-t-il dit.
«
Il faut que nous puissions dégager une piste ou des pistes à explorer et aussi
obtenir des preuves sans lesquelles il n’y a aucune poursuite possible », a-t-il
expliqué.
Et
d’ajouter : « C’est une affaire très importante : parce qu’il s’agit de l’assassinat
d’un de nos ressortissants. Samir Kassir était un
homme immensément respecté dans ce pays comme en France. »
M.
Bruguière s’est également entretenu avec le ministre de la Justice, Charles Rizk. L’entretien, qui a duré une heure et demie, a porté sur
un ensemble de points juridiques en relation avec cette affaire.
Il
s’agit de la première visite au Liban du juge depuis que la veuve du
journaliste assassiné le 2 juin 2005, Gisèle Khoury, avait demandé l’ouverture d’une enquête française.
Peu
de temps après les faits, Gisèle Khoury et des
membres de la famille avaient déposé plainte auprès du consulat général de
France à Beyrouth.
L’information
judiciaire française avait ensuite été ouverte en juillet 2005.
Le
magistrat français s’est également entretenu avec le procureur général près la
Cour de cassation, Saïd Mirza, avec lequel il a
examiné les moyens de coordonner entre les justices française et libanaise.
Il
lui a également remis une commission rogatoire dont la teneur a été gardée
confidentielle, demandant son exécution par la justice libanaise. Cette procédure
consiste à demander la coopération ponctuelle de la justice libanaise dans
cette affaire, telle que notamment entendre des témoins ou prendre des actions
concrètes à l’encontre de suspects.
À
noter que le juge d’instruction, Sami Sedki, a
entendu hier plusieurs témoins dans le cadre de cette affaire.
M.
Bruguière a par ailleurs rencontré le chef de la commission d’enquête
internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri, le juge Serge Brammertz, en présence de l’avocate générale près la Cour
de cassation, Jocelyne Tabet.
(L’Orient
Le Jour)