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20
mai 2006
Comment aider les Coptes et les
autres minorités du Moyen-Orient à obtenir leurs droits humains ?
Ces brèves observations s’adressent à
la société civile mondiale et à sa force de frappe : les médias, pour
faire pression sur les élites au pouvoir et aux affaires en terre d’Islam afin
de les ouvrir à la modernité des droits de l’homme et la modernité tout court.
Car celle-ci est une et indivisible. Il s’agit de :
-
Revendiquer la modernisation de la
condition de la femme et de celle des minorités nationales, ethniques, confessionnelles,
linguistiques et religieuses. Celles-ci, malgré l’abolition du tribut en
1855 en Egypte, sont encore soumises à une législation qui s’inspire de la
théologie du dhimmi, vielle de près de 14
siècles. Je donne à ce propos deux exemples criants de la violation
caractéristique des droits de l’homme : l’interdiction faite à la femme
musulmane de ne pas se marier avec un non musulman ni avec un musulman d’autre
confession que la sienne. « Un Cadi saoudien a ordonné le divorce d’une
femme sunnite d’avec son mari ismaélite (minorité chiite) mariés depuis un an. »
(Al-Quds Al-Arabi du
27/04/2006)]. La Charia traite la non musulmane avec plus
d’atrocité : la femme non musulmane mariées à un musulman n’a pas le droit
de garde de ses enfants, ne hérite pas de son mari ni de ses enfants musulmans
à cause des dispositions discriminatoires de la charia, encore en vigueur un
peu partout en terre d’islam.
-
Revendiquer le respect de la liberté
religieuse : liberté de culte, de construction des lieux de culte et,
enfin, la liberté de changer de religion ou de ne pas avoir une. La commission
de Bruxelles vient d’imposer au gouvernement islamiste turc le respect de ce
droit fondamental de l’homme. Elle a auparavant imposé au même gouvernement
l’abolition de la peine d’adultère et de la peine capitale. Preuve s’il en est,
de l’efficacité de l’intervention extérieur pour la défense des droits de
l’homme.
-
Revendiquer l’égalité de toutes les
religions sans discrimination aucune et partout, les droits des non musulmans
de pratiquer librement leurs cultes et de prêcher librement comme le font les prédicateurs
musulmans, et abolir en conséquence les lois moyenâgeuse qui interdisent aux
chrétiens de prêcher leur foi en dehors de leurs églises sous peine de la
décapitation. Tout récemment, le gouvernement algérien a promulgué une loi qui
condamne à l’emprisonnement tout chrétien qui cherche à convertir des
musulmans ; après 14 siècles, la loi algérienne a quand même remplacé la
décapitation par la prison ! Il s’agit – là, n’est ce pas, d’un
progrès ?
-
Revendiquer le respect des droits civils,
religieux, nationaux et culturels de toutes les minorités du Moyen-Orient.
-
Revendiquer la fin de l’exclusion et de
la marginalisation politique de ces minorités et leur intégration dans la vie
politique de leurs pays. Faut-il souligner que le respect des droits de ses
minorités constitue une garantie de poids contre les guerres confessionnelles,
religieuses et ethniques latentes qui minent la stabilité de cette région,
toujours, au bord de crises explosives.
-
Revendiquer l’abolition de toutes
législations discriminatoires à l’encontre de ces minorités.
Quelle est la cause centrale de
l’oppression des minorités en terre d’islam ? C’est l’absence de l’Etat de
droit laïc. La règle générale dans cette aire géographique est la confusion de
l’islam et de l’Etat. D’où la nécessité de revendiquer systématiquement la
séparation de l’Etat et de l’islam.
Enfin, les médias internationaux ont à
s’ouvrir aux élites de ces minorités, aux femmes et à tous les partisans d’une
application à tous de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les
autres conventions comme celle visant à éliminer toute discrimination à l’égard
des femmes.
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* Communication au colloque
« Les Coptes : un combat pour les droits de l’homme », organisé
par l’Association des Coptes de France,
le 5 mai 2006