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11
avril 2006
Liban: Entre Confessionnalisme et
Laïcité, une cohabitation est-elle possible
Le Samedi 8 avril 2006, à l’invitation de Madame Dominique Voynet, sénatrice de Seine-Saint-Denis, et en partenariat avec le Mouvement de la Gauche Démocratique Libanaise, le Courant du Futur, et le Rassemblement pour la Démocratie au Liban, s’est tenu au Sénat, salle Médicis, un colloque intitulé « Liban: Entre Confessionnalisme et Laïcité, une cohabitation est-elle possible? ». Le colloque a été ouvert par une allocution de Mme Voynet, suivie par trois séances de débats: la première a traité de la question de l’« histoire du Liban et de l’histoire de ses communautés », la deuxième « des expériences d’une laïcité à la Libanaise » et la troisième a élaboré quelques propositions inspirées du mouvement du 14 mars 2005 (« Vers la paix civile : quelques propositions »).
Le colloque a connu plusieurs tendances selon l’interprétation des participants des données objectives qui pourraient au Liban favoriser ou au contraire, entraver l’instauration d’un État laïc. Une première tendance a été présentée par M. le député Samir Frangieh qui a procédé à une lecture originale et originelle des accords du Taëf, considérant que ces accords constituent un changement majeur dans l’histoire du Liban. En effet, il s’agit des premiers accords qui dépassent le simple contenu des pactes intercommunautaires pour établir un contrat social entre des individus qui, pour la première fois, manifestent leur volonté de vivre ensemble sous la même législation. Cette vision se fonde sur l’hypothèse d’une volonté des Libanais à`élaborer une structure commune et revendique donc l’application du Taëf comme solution au problème du confessionnalisme.
La deuxième tendance a été explicitée par M. le député Elias Atallah, Ziad Majed, chercheur et politicien et M. Daoud el-Sayegh, ancien conseiller de feu le président Rafic Hariri, et conseiller actuel du député Saad Hariri. Ces derniers appellent à conduire une série de réformes portant sur plusieurs niveaux : constitutionnel, éducatif, social, administratif, électoral… Cette vision confère aux institutions politiques et gouvernementales un rôle fondamental dans la conduite de la réforme qui engendrerait une laïcisation sociale.
Développée par Mme Myra Prince, sociologue, la troisième tendance suggère « la négativité libanaise ou l’improbable citoyenneté », et retrace l’histoire du Liban tout en faisant la différence entre la nation et l’Etat afin de montrer que l’identité libanaise est une identité nationale, sans toutefois avoir les composantes qui lui permettraient de créer une identité citoyenne favorable à l’édification d’un Etat où les citoyens seraient tous égaux devant la loi. Le processus de laïcisation est donc un processus de fonds qui pourrait être amorcé par la réforme du système politique, mais qui ne saurait être conduit sans la collaboration indispensable de la société civile.
Finalement,
la quatrième et dernière tendance a été présentée par maître Tarabay, avocat, et surtout M. Feghali,
éditeur. Ils présentent une proposition de laïcisation optionnelle au Liban en suggérant
la création d’une dix-neuvième communauté sur la base de la loi de 1952, ce qui
permettrait aux laïcisants d’exercer leur citoyenneté telle qu’ils l’entendent,
seulement s’ils le veulent.