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1
avril 2006
Oppression et tyrannie n’ont plus
de place en Irak
Mowafak ABBOUD*
Les résultats définitifs des élections
législatives qui ont eu lieu en Irak le 15 décembre 2005 ont été annoncés par
la haute commission indépendante chargée de surveiller les élections. Une équipe
internationale d’experts a également entériné ces résultats.
Malgré les menaces terroristes, le
taux de participation a dépassé les 70% d’inscrits, autant d’électeurs qui ont
pu choisir leurs 275 députés parfaitement librement et dans un climat marqué par
la paix et le calme malgré une campagne électorale ouverte et pluraliste qui
pouvait laisser craindre des violences. C’est surement
l’une des données primordiales de ce
scrutin : la forte participation de toutes les communautés et diversités de la
société qui ont ainsi témoigné de leur refus de la violence, du terrorisme et
de leur appui au processus démocratique en Irak.
Le nouveau parlement va élire un Président
de la République Conformément aux institutions, celui-ci désignera un Premier
ministre, chef d’un gouvernement accepté par l’ensemble des forces politiques
irakiennes présentes au parlement. C’est ce choix qui permettra de renforcer l’union
nationale et d’accélérer la reconstruction du pays.
Avec ces dernières élections, l’Irak a
tenu ces engagements vis-à-vis de la communauté internationale. Le pays a accompli
la totalité des étapes du processus politique défini par la résolution 1546 des
Nations Unies, conformément au calendrier de ladite résolution : élections d’une
assemblée nationale début 2005, rédaction d’une constitution définitive, référendum
avec adoption de cette constitution à une très large majorité le 15 octobre
dernier. Toutes les tentatives terroristes visant à empêcher ce processus
politique ont été mises en échec, preuve que les irakiens ont voulu aller jusqu’au
bout de la reconstruction institutionnelle et démocratique de leur pays.
Le prochain gouvernement irakien sera
le deuxième de l’histoire récente du pays a tiré sa légitimité des urnes. Respectant
la nouvelle constitution, il disposera d’un mandat de 4 ans pour mener à bien
de lourdes taches. Certes, La transition
démocratique n’est pas pour l’instant à la hauteur de nos espérances. Mais il
faut reconnaitre tout de même l’ampleur du travail
effectué en aussi peu de temps : des élections, un processus démocratique véritable
malgré la présence du terrorisme et l’héritage laissé par 35 ans de dictature
de Saddam Hussein.
Ce qui mérite le plus notre admiration
est sans doute l’allant de notre peuple et sa volonté de « rencontrer et créer »
la démocratie. Ce courage a dépassé d’hors
et déjà l’imagination de ceux qui doutait de la capacité populaire à surmonter
les obstacles pour avoir un pouvoir pluraliste et un transfert pacifique de ce
pouvoir conformément à la constitution.
Il est regrettable de constater que
certains ignorent encore la volonté du peuple irakien. « Ceux là » détournent
leur regard des crimes et des atrocités commises par les derniers partisans
isolés de Saddam Hussein qui sous couvert de résistance visent à empêcher ce
peuple de s’assurer un avenir démocratique, stable et prospère. « Ces gens »doivent comprendre que les
irakiens, au prix de leur sang, ont réussi à mettre en place les bases solides
d’un état démocratique où l’oppression et la tyrannie n’ont plus de place. C’est
leur choix et il faut le respecter.
*Ambassadeur d’Irak à Paris