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20
juin 2006
Syrie : Otri démet 17 fonctionnaires qui
avaient exprimé leur opinion politique
Le
Premier ministre syrien Mohammad Naji Otri a promulgué récemment une circulaire qui démet de
leurs fonctions dix-sept fonctionnaires pour avoir exprimé leur opinion
politique, ont affirmé hier des organisations des droits de l’homme dans des
communiqués. «
Le
Premier ministre a promulgué mercredi une circulaire dans laquelle 17
fonctionnaires travaillant dans divers ministères (Électricité, Santé, Pétrole,
Information, Agriculture) ont été démis », a dit l’Association des droits de l’homme
en Syrie (ADHS). L’ADHS explique cette décision par le fait que « ces employés
ont signé une pétition réclamant la libération de dix militants des droits de l’homme
arrêtés en mai », après avoir signé la « déclaration Damas-Beyrouth
», un document réclamant la normalisation des relations entre la Syrie et le
Liban. « Cette décision arbitraire est fondée sur le code du travail qui permet
de renvoyer les fonctionnaires sans motif », a ajouté l’ADHS.
L’Organisation nationale des droits de l’homme en Syrie (ONDHS), présidée par Ammar Qorabi, déclare pour sa
part qu’ils ont été démis pour avoir « signé la déclaration Damas-Beyrouth
» ou avoir « exprimé leur soutien » au texte. « C’est une décision illégale et
anticonstitutionnelle, qui viole les principes de la séparation des pouvoirs et
du contrôle du pouvoir judiciaire », a estimé M. Qorabi.
Selon l’Organisation arabe des droits de l’homme en Syrie (OADHS), la plupart
des fonctionnaires concernés « sont des militants des droits de l’homme et des
signataires de la déclaration Damas-Beyrouth ». Cette
décision punit « les gens qui expriment leurs opinions », selon l’OADHS. La déclaration Damas-Beyrouth,
diffusée le 11 mai à Beyrouth et signée par près de 300 intellectuels syriens
et libanais, appelle notamment à « respecter, et à consolider la souveraineté et
l’indépendance du Liban et de la Syrie ».
Sur
un autre plan, le procès de l’opposant syrien Kamal Labouani,
accusé de contacts avec les États-Unis en vue d’inciter à « une agression
contre la Syrie », s’est poursuivi hier à Damas et reprendra le 16 juillet, a
indiqué l’ONDHS. Le juge a réaffirmé l’inculpation
portée contre M. Labouani : « Contacts avec un pays étranger
pour inciter à une agression contre la Syrie », un chef d’accusation passible
de la prison à perpétuité, a affirmé le président de l’ONDHS,
dans un communiqué. Au cours de l’audience, M. Labouani
a demandé quel était le pays étranger en question, ce à quoi le juge a répondu :
« Les États-Unis. » Kamal Labouani, fondateur du
Rassemblement libéral démocratique en Syrie, a été arrêté en novembre 2005 à l’aéroport
international de Damas. Il rentrait d’une tournée en Europe et aux États-Unis où
il s’était notamment entretenu avec le conseiller adjoint à la Sécurité nationale
du président américain George W. Bush. Les accusations contre M. Labouani sont fondées sur ses
rencontres avec des responsables européens et américains, et sur des déclarations
qu’il a faites, notamment sur la chaîne de télévision al-Hurra.
© 2005, L'Orient-Le Jour.
http://www.lorientlejour.com/page.aspx?page=article&id=315753