7 Novembre 2006

 

 

 

 

 

 

Des djihadistes viseraient 36 personnalités antisyriennes au Liban

Philippe Bolopion et Mouna Naïm

 

Selon des sources palestiniennes et libanaises, un commando d'une cinquantaine de militants affiliés à Al-Qaida et ayant combattu en Irak s'est infiltré au Liban, via la Syrie, pour y perpétrer "un complot terroriste de Damas visant à assassiner 36 personnalités libanaises antisyriennes". Ces informations sont contenues dans un document confidentiel - dont Le Monde a pu prendre connaissance - adressé, le 1er décembre, au quartier général de l'ONU par un haut fonctionnaire de l'organisation déployée dans la région.

 

Selon ce document, le représentant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban, Abbas Zaki, a informé le responsable onusien qu'"une cinquantaine de militants bien armés affiliés à Al-Qaida sont entrés au Liban par la Syrie et se sont installés dans le camp de réfugiés de Nahr Al-Bared, dans le nord du Liban". Ils avaient, auparavant, combattu en Irak, affirme la note, selon laquelle ils se seraient infiltrés, il y a plusieurs mois, au Liban, où ils "sont parvenus à rassembler autour d'eux près de 200 Palestiniens et Libanais".

 

Ce groupe, poursuit l'officiel onusien, s'est d'abord affilié au "Fatah Intifada", basé à Damas, avant de se scinder pour former le "Fatah Al-Islam". Le "Fatah Intifada", prosyrien, est lui-même issu d'une scission du Fatah dans les années 1980.

 

Toujours selon le document onusien, "des agents de sécurité de l'OLP à Nahr Al-Bared ont eu un affrontement militaire avec les hommes du Fatah Al-Islam (...) et ont arrêté six hommes alors que les autres s'enfuyaient". Quatre d'entre eux, des Libanais, auraient été libérés. Les deux autres, un Syrien et un Saoudien, ont été remis au gouvernement libanais. "Des sources militaires au sein du gouvernement nous ont dit que les deux militants capturés ont donné des informations sur un complot terroriste de Damas pour assassiner 36 personnalités libanaises antisyriennes", dit le texte.

 

Ahmed Fatfat, qui était ministre libanais de l'intérieur par intérim au moment des faits, à la fin novembre, et qui siège toujours au gouvernement, a confirmé au Monde, mercredi 6 décembre, avoir eu connaissance de ces allégations, sans être en mesure de les confirmer. Le ministre juge abusive l'affiliation du groupe à l'organisation mère Al-Qaida et met en doute "l'islamisme" dont il se réclamerait. Il s'agit d'après lui d'une "Al-Qaida syrienne". "Ils sont très bien entraînés et équipés, et leurs ordres viennent de Damas", a-t-il souligné.

 

Selon Ahmed Fatfat, "un seul et unique membre affilié à la vraie Al-Qaida a été arrêté au Liban", il y a quelques mois, alors qu'il participait à la préparation d'attentats à New York.

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