15 Décembre 2006

 

 

 

 

Mounira Fakhrou  Partie remise

 Philippe Mischkowsky   

 

 

A défaut d’être la première femme élue dans une pétromonarchie du Golfe, elle est sortie des élections législatives au Bahreïn [le second tour a eu lieu le 3 2 décembre] auréolée d’une vraie légitimité populaire. Cette professeur d’université, enseignante en sciences sociales, issue d’une grande famille de la bourgeoisie sunnite, avait – fait extraordinaire – bénéficié du soutien sans faille de la puissante association chiite Wifaq. La principale organisation de l’opposition bahreïnienne a mis en sourdine sa sensibilité religieuse et a qualifié cette gauchiste non voilée, formée à l’université new-yorkaise Columbia de “femme de fer de la cause démocratique”. Celle-ci a promis de rester en politique. Elle va d’abord s’occuper de la plainte qu’elle a déposée auprès de la commission électorale pour dénoncer des irrégularités commises en faveur de son principal concurrent, le chef local des Frères musulmans. Il faut dire que le gouvernement du roi Hamad ben-Issa Al-Khalifa ne voulait pas d’elle – trop remuante – au Parlement, où elle aurait éclipsé une autre femme – cooptée, elle, par le régime et dépourvue de toute légitimité démocratique, Latifa Al-Quohoud, qui a été désignée avant même le jour du scrutin en l’absence de compétiteurs pour représenter une île quasiment inhabitée.

philippe.mischkowsky@wanadoo.fr

 

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