10 avril 2006

 

 

 

  

 

«Plus jamais ça», une campagne pour relancer les dossiers des disparus de guerre

Une initiative qui coïncide avec la 31e commémoration du 13 avril 1975, début des « événements du Liban »

 

Une campagne baptisée « Plus jamais ça » sera lancée par la société civile du 11 au 15 avril, à l’occasion de la 31e commémoration du début de la guerre, le 13 avril prochain. Le comité des disparus au Liban, les parents des détenus dans les geôles syriennes, le comité de suivi pour les détenus et les disparus en Israël, Solide, Solida et l’Association libanaise des droits de l’homme ont tenu hier une conférence de presse au siège de l’Ordre de la presse pour annoncer le programme de la campagne.

 

Prenant la parole au nom de l’ensemble des associations, Wadad Halawani, présidente du comité des disparus, a fortement incité tous les responsables politiques à accorder la priorité aux dossiers de tous les disparus, du fait que cette question est primordiale pour mettre un terme définitif à la guerre. « La cause des disparus continue d’être le grand absent de la liste des préoccupations et des discussions des responsables politiques », a-t-elle dit. Elle a ajouté que « le préambule à toute relation équilibrée avec la Syrie doit être la résolution du dossier des détenus dans ses geôles », insistant sur le fait que « cette question humanitaire ne souffre plus aucun délai et doit être tenue à l’écart des tiraillements politiques », rappelant que le comité libano-syrien de suivi avait échoué à élucider cette question.

 

De même, Mme Halawani a souligné que les détenus et les disparus dans les geôles israéliennes devraient constituer le sujet principal de toute négociation future avec l’ةtat hébreu. Elle a également estimé que les disparus de guerre devraient figurer en bonne place dans l’ordre du jour du dialogue national, estimant que tous les parents de disparus devraient être convoqués pour des tests d’ADN qui serviraient à identifier les ossements trouvés dans les fosses communes. « Il ne faut pas faire de différence entre une fosse commune et une autre, ni soumettre celles-ci aux bazars politiques, a-t-elle souligné. Des fosses sont déterrées, à Anjar et au ministère de la Défense, alors qu’on continue d’envelopper de silence et d’indifférence le reste des charniers disséminés sur le territoire libanais, et que les dossiers qui leur sont relatifs restent fermés. Il ne faut pas non plus faire de discrimination entre les disparus et les détenus selon l’endroit où ils se trouvent et la partie responsable de leur disparition, or c’est ce à quoi les responsables ont recours dans une claire tentative de rejeter la responsabilité du crime sur d’autres, la Syrie et Israël précisément, pour innocenter les parties libanaises des crimes d’enlèvement et de disparition forcée.»

 

Mme Halawani a appelé les responsables politiques à créer une banque de données contenant des prélèvements d’ADN de tous les parents de disparus, afin d’identifier tous les corps enterrés dans les fosses communes.

 

Elle leur a demandé également « d’assurer la protection du charnier de Anjar pour empêcher le vandalisme ».

 

Pour sa part, Neemé Joumaa, président de l’Association libanaise des droits de l’homme, a insisté sur la nécessité de former un nouveau comité de suivi sur les disparus, formé de représentants des associations civiles et des autorités officielles, afin de faire la lumière sur ce dossier.

 

Les activités de la campagne « Plus jamais ça » se dérouleront du 11 au 15 avril au bâtiment City Center au centre-ville, à 17h. Le programme comportera une lecture de textes d’œuvres libanaises par plusieurs artistes, la projection d’un film documentaire Il est sorti pour ne plus revenir, produit par la chaîne al-Jazira, un rassemblement populaire pour le renforcement du rôle de la justice devant le Palais de justice de Saïda, et une rencontre sous le titre de « Jusqu’à quand ? », à laquelle participera Marie Seurat.

 

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