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14
juin 2006
Hommage
La mémoire de Samir Kassir à l’honneur au Sénat français
Dans le cadre des événements prévus
pour la première commémoration de l’assassinat de Samir Kassir,
la Gauche démocratique, le Rassemblement pour la démocratie au Liban et l’Association
des amis de Samir Kassir en France ont organisé au Sénat
français un débat sur la nouvelle renaissance arabe et sur les relations libano-syriennes.
Mme Bariza Khiari, sénatrice de Paris, a
inauguré le débat en saluant les travaux ainsi que l’engagement de Samir Kassir, apportant son soutien à tous les efforts menés en
vue de la diffusion de ses idées.
C’était ensuite au tour de l’urbaniste
Jad Tabet qui a présenté et
animé le débat, qui se voulait être un début de réflexion autour de la pensée
du journaliste assassiné.
Le premier intervenant à prendre la
parole a été l’historien syrien et père spirituel de Samir Kassir,
Farouk Mardam Bey, qui s’est demandé dans son
intervention dans quelle mesure la « nahda » est
toujours d’actualité.
Après avoir évoqué la trajectoire de
la « nahda », de ses origines à son déclin, M. Mardam Bey a estimé que les ةtats
arabes, se débattant entre le modèle despotique et l’islamisme radical, avaient
constitué un frein à l’épanouissement de cette renaissance. Il a toutefois noté
une prise de conscience de la nécessité de construire une démocratie et de
mettre en place des conditions favorables à cet effet, en luttant contre le
tribalisme et la marginalisation des sociétés civiles. Dans ce sens, la « nahda » se mêle aujourd’hui à la nécessité de la
construction du modèle démocratique par les peuples arabes.
Le vice-président de la Gauche démocratique,
Ziad Majed, a ensuite évoqué
les relations libano-syriennes dans une perspective
historique, à partir de 1920.
M. Majed a
estimé que « le régime syrien ne reconnaît pas encore l’indépendance du Liban
et nourrit, avec l’aide de certains discours populistes et chauvins libanais,
un patriotisme syrien antilibanais, d’où la nécessité
de tisser davantage de liens entre les sociétés libanaise et syrienne ».
Selon lui, il incombe « d’assumer une responsabilité dans la réconciliation et de penser le futur d’une coopération économique et politique entre le deux pays. Mais est-il possible d’avoir deux voisins qui coexistent, si l’un d’entre eux est gouverné par un régime despotique et ne reconnaît pas la souveraineté de l’autre ? » « Il convient également d’élaborer une stratégie commune pour faire face à Israël, et c’est la démocratie et la construction d’un ةtat moderne qui sont la clé de cette stratégie. Penser l’avenir des relations est donc vital pour développer un discours libanais clair, qui ferait face à toute propagande baassiste. (...) La coopération entre intellectuels libanais et syriens, telle qu’elle est présente dans la déclaration Damas-Beyrouth/Beyrouth-Damas, est un devoir et un engagement ethnique et politique pour le bien des deux pays », a conclu Ziad Majed.