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14 février 2007
Un jeune homme… Libanais
Tania Yazigi
Et ça me fait tout drôle, de m’adresser
à ceux qui de facto ne me liront jamais….
Mais bon… Les non-dits sont aussi très néfastes au porteur.
De m’adresser à ceux là mêmes plongés dans un totalitarisme aux
antipodes de la démocratie à laquelle
notre pays a perpétuellement aspiré…
Mais bon aussi….
Et puis prise par l’élan, et parce que je suis très très
très énervée de ce qui est arrivé aujourd’hui, j’ajouterai
à l’intention de ces férus du «écoute
seulement ce qu’on te dis, anone seulement ce qu’on te répète, ne comprend que
ce qu’on t’inculque et suis moi » qu’ils font fausse route. Même s’ils sont
convaincus les occuper toutes. Routes s’entend. Surtout qu’aujourd’hui, j’ai réalisé
que ces disjonctés de la réalité persistent à signer leur arrêt de mort. Ce qui
ne change en rien à l’activité de leurs neurones…
Vous comprenez. Qui n’avance pas recule….
Quand eux, sont tout simplement passés maîtres du « sur place ».
Voyez, je suis vraiment énervée.
Mais toujours bon.
Parce qu’on re- passe aux rues. Parce que pour occupés, ces espaces
nationaux communs sont advenus propriétés privées d’une faction du peuple. Et
il devient si naturel de camper en leur « beau milieu ». Comme ce jeune homme
de 15 ans qui se plante là devant moi. En plein milieu d’un croisement. Face au
portail principal de l’école respectable dont il sort. Là tout juste.
Sauf que je n’ai envie d’écraser personne moi. Et parce qu’il fait beau
et parce qu’il fait soleil, et parce que l’atmosphère est à la tolérance, je
ralentis. Et freine tout en douceur. Je ne veux surtout pas l’effrayer… Et j’attends.
Et parce que ça aurait pu être mon fils. Et parce que l’erreur est humaine. Et
parce qu’il va bien finir par remarquer la file de voitures qui attend
patiemment la fin de ces élucubrations en plein milieu de la rue. Et il finit
par remarquer l’attitude figée de ces copains avec qui il converse de l’autre
coté, sur le trottoir. Se retourne. Marque
reconnaissons le, un temps d’arrêt. Question verbiage, et me fixe. Immobile.
Je l’invite très maternelle, et parce qu’il aurait pu être mon enfant,
oui je me répète, qui se trouve là par inadvertance, d’un geste de la main, à rejoindre
ses interlocuteurs.
Que nenni !
Et il tape du pied ! Gueule qu’il ne bougera pas d’un pouce. M’intime de
le survoler… Parce que j’ai préféré interpréter ce geste large et pas très élégant
du bras en tant que tel. Au bout de cinq bonnes minutes, ayant bloqué naturellement
toutes les routes d’Achrafieh, j’avance. Quitte à l’effleurer.
Et comme je ne peux passer j’essaie de lui rappeler par le fenêtre et très
doucement, sourire en prime et parce que ça aurait pu être mon enfant, qu’il
est certains sens civiques à respecter.
Vlan ! Je reçois en plein tout ce que sans doute, l’école dont il sort n’a
pas réussi à lui faire oublier….
Bravo messieurs Aoun, Nasrallah, et moult
acolytes ! Bravo ! Pour l’exemple des rues. Auxquelles vous avez choisi d’appartenir.
Et autant vous n’aurez de cesse d’y retourner, hélas elles ne vous
appartiendront jamais… Aussi, juste que dans une suggestion pondérée face à vos
moulins à vent, et parce qu’il est facile de critiquer sans proposer de
solution, il serait bon d’envoyer paître ses ouailles là ou l’herbe pousse, non
là où le peuple fait son beurre… Aussi peut être que vous leur rappellerez, et
je ne doute pas que vous réussissiez haut la main, à vos circonscrits au palabre
du contenant, que le sort d’un pays ne se joue pas à la fête foraine…. Ca écorche quand même ceux à qui
ils vont bien finir par tendre la main. Finalement ce n’est pas à vous
militaires stratèges, qu’il faut rappeler certaines portes de sortie.
Mais toujours bon… Encore et toujours…
Parce que messieurs qui pensez en avoir jeté le sort dans la rue, restez
ancrés dans vos antres, conservez vous quoi. Heureusement qu’il en persiste qui crient à l’air libre. Quand ils
ont tous arrosé cette terre de leur sang. Ceux là mêmes, soucieux des sommets
eux. Cimes qui ont depuis toujours défini le Liban.